Senegal Stories Ep.5 — Le Sénégal des villes

J’ai commencé à teaser cette série d’articles le 2 juin 2012. Presque 2 ans après, voici le cinquième et dernier épisode de mes aventures au Sénégal. Après vous avoir embarqué avec moi dans la nature et dans le ciel, je vous propose aujourd’hui de faire un petit tour en ville en vous présentant les deux villes incontournables du Sénégal, à savoir Dakar et Saint Louis.

Sommaire :
* Ep.0 — Teaser
* Ep.1 — Bestioles d’Afrique
* Ep.2 — M’Boss Dor
* Ep.3 — Le Sine Saloum vu du ciel
* Ep.4 — Le Sénégal Oriental
* Ep.5 — Le Sénégal des villes

Je vais être honnête, aller en ville au Sénégal n’était pas vraiment une partie de plaisir, j’habitais à 30 kilomètres de Dakar et je mettais entre 35 minutes (très très rare) et 5 heures (l’extrême, mais c’était souvent 1 à 3 heures) pour me rendre à la capitale. Bien évidement, ce n’était pas principalement pour le plaisir, mais pour les courses ou quelques démarches administratives et là encore, j’aurais de quoi raconter, mais pour faire court : Sâchez que l’administration française est juste super performante comparé à mes démarches africaines… Bref 🙂
Aller en ville c’est également subir la conduite sénégalaise et le mauvais état des routes. Mais une fois que l’on est à Dakar, il y a quelques quartiers bien sympas pour se détendre et se mêler aux Dakarois

Dakar

Située à l’extrémité occidentale de l’Afrique, sur l’étroite presqu’île du Cap-Vert, la ville de Dakar est la capitale de la République du Sénégal et de la région de Dakar. Elle compte 1 056 009 habitants.

Si je me suis baladé dans la plupart des quartiers Dakarois, je n’ai jamais pris la peine de tout photographier, il n’était pas toujours agréable de se mélanger à une cohue dans les marchés et je n’aurais pas vraiment été à l’aise avec un appareil photo, d’autant plus que les Sénégalais (des villes) n’aiment pas être photographiés ou plutôt ils y voient une opportunité pour nous soutirer de l’argent.
Mais à force de trainer et chercher les bons spots de surf de la capitale, je découvre également des quartiers plus sympa comme Ouakam.

Ouakam est le nom d’un spot de surf mondialement connu avec une magnifique droite tubulaire que j’ai eu la chance d’observer régulièrement, mais c’est avant tout un port de pêche et un lieu de culte avec la grande mosquée de la Divinité qui domine l’océan.
Ouakam est un ancien village lébou devenu une banlieue résidentielle de Dakar dominé par les collines volcaniques des Mamelles. Les gens y sont adorables, on peut acheter du poisson et discuter avec les pêcheurs. Chaque soir, les locaux se retrouvent sur la plage pour palabrer ou faire un peu de sport, le tout dans une ambiance amicale et pleine de joie.

Plus au nord de Dakar, il y a un autre quartier que j’apprécie, c’est N’Gor. C’est également le nom d’une petite île juste en face de ce quartier, une île « arty » qui reçoit également de nombreux surfeurs de la planète entière avec ses quelques mythiques spots comme N’Gor Right. J’y ai passé beaucoup de temps pour surfer, mais également pour flâner. Après avoir acheté un ticket pour la traversée, il faut s’entasser dans une pirogue en bois qui prend l’eau de partout, mais c’est le seul moyen d’aller sur l’île après tout.

Cette île est colorée, on y sent une présence artistique, les gens sont vraiment sympa et combles du bonheur, il n’y a pas de véhicule, pas d’odeur de pollution, un vrai break après avoir passé quelques heures dans les rues de Dakar. J’y allais dès que possible, pour flâner, surfer ou faire du wakeboard dans la baie. Il était très agréable de terminer par un petit apéro au bord de l’eau avec une flag (la bière locale) et une poignée de cacahuètes grillées dans le sable.

Enfin, pour terminer avec Dakar, il faut que je vous parle d’une autre île, un peu plus loin, mais toujours en face de Dakar, il s’agit de Gorée qui est déjà plus connue et plus touristique, malheureusement.

L’île de Gorée ou Gorée est à la fois une île de l’océan Atlantique nord situé dans la baie de Dakar (Sénégal) et l’une des 19 communes d’arrondissement de la capitale. C’est un lieu symbole de la mémoire de la traite négrière en Afrique, il est distingué à ce titre par l’UNESCO.

J’y suis allé qu’une seule fois pour passer la journée armé de mon Fuji X100. J’y ai découvert un lieu trop touristique à mon gout, mais chargé d’histoire et de patrimoine, avec un réel plaisir architectural en découvrant ces quelques vestiges de l’époque négrière. Un lourd passé qui doit être préservé afin de ne pas oublier ce qu’il s’est passé ici.
Encore une fois, je remarque que la vie est plus cool qu’en ville, on respire plus facilement et on se laisse plus facilement se perdre dans les petites ruelles. Gorée est un endroit incontournable à visiter malgré le nombre de touristes dans les rues de cette petite île pleine de charmes.

Saint Louis

Pour terminer cette visite, je vous emmène tout au nord du Sénégal, à la frontière mauritanienne, à St Louis, une bien jolie ville au bord du fleuve du Sénégal. L’esprit colonial est préservé, il y fait bon vivre et la ville vit au rythme du fleuve et de la pêche.

Saint-Louis, qu’on surnommait la « Venise africaine » est classée au répertoire du patrimoine mondial par l’UNESCO depuis l’an 2000. La ville conserve de très nombreuses maisons, typiques de l’époque coloniale, avec leur façade de chaux, leur double toiture en tuile, leur balcon en bois et leur balustrade en fer forgé.

Plus plus intéressant à St Louis est son cœur de ville historique, sur une île. Pour se rendre dans ce centre historique, il faut passer sur l’impressionnant pont Faidherbe, dont la conception est attribuée à tort à Gustave Eiffel malgré une ressemblance frappante. L’architecture est magnifique et les murs sont chargés d’histoire, un peu comme sur l’île de Gorée. Autre fait frappant, c’est la culture de la pêche fortement ancrée dans la ville avec des pirogues immenses qui partent plusieurs jours en mer dans des conditions difficiles. La ville sent le poisson, d’ailleurs les abords du fleuve sont organisés autour de la pêche avec les pirogues et le poisson qui sèche.
La culture locale est différente de Dakar, les gens y sont généralement plus agréables, et les Sénégalais sont mélangés à quelques Mauritaniens qui passent la frontière, juste de l’autre côté du fleuve.

C’est vraiment une ville agréable où j’ai passé de très bons moments, j’y suis retourné à plusieurs reprises, pour visiter, faire la fête et découvrir l’incroyable langue de Barbarie dont j’ai déjà parlé dans cet épisode.

Voilà, cette aventure s’achève enfin par ce dernier billet. À remuer les souvenirs pour écrire ces quelques billets, l’envie de retourner au Sénégal se manifeste. J’y retournerais un jour, juste faire un endroit dans mes petits endroits coup de cœur.