Test – Le Nikon Df sur le terrain

Il y a un an, Nikon a créé le buzz avec sa série de vidéos “Pure Photography” qui, je l’avoue, m’ont bien mis l’eau à la bouche avec un message destiné à présenter le Nikon Df. Une année s’est écoulée, d’autres nouveautés Nikon ont été présentées et au moment de changer mon excellent D700, je me pose cette question : “Quel sera son remplaçant ?

Si mon D700 a encore de beaux jours devant lui, je me suis un peu penché sur ses éventuels remplaçants. J’ai dans un premier temps regardé ce qu’il se faisait chez la concurrence, notamment chez Sony et Fuji qui proposent des hybrides sympa, mais non, je préfère encore les reflex dans ma façon de photographier et j’avoue avoir un attachement pour la marque jaune chez qui je suis depuis toujours… Ou Presque !
Quitte à renouveler le matériel, j’aurais aimé alléger un peu mon sac photo, même de quelques grammes, c’est toujours ça. Sur ce principe, j’écarte directement le Nikon D4(s), un monstre beaucoup trop cher qui ne serait pas utilisé à sa juste valeur entre mes mains.
Viennent ensuite les D810, D750 et Df. J’ai d’abord pensé que le remplaçant du D700 était le D800/D810 mais leurs fiches technique n’ont pas su me séduire, la course à la surpixélisation ne m’intéresse pas. Quant au D750, il a beau être parfait sur le papier et avoir les éloges de la presse, il lui manque ce petit truc pour me faire craquer.
Il ne reste plus que le Nikon Df, il me plait beaucoup depuis son annonce, mais les nombreux tests lui donnent quelques défauts que je demande à vérifier, car c’est bien sur le terrain que l’on se rends compte des qualités et des défauts d’un matériel. J’ai donc eu la chance de tester un Df prêté par Nikon France afin de répondre à mes questions et par la même occasion de dresser un bilan sur le blog.

Premières impressions

Gast ! Il a de la gueule ce Df !

La gueule d’un appareil n’est pas décisive dans le choix mais quand même, Nikon a réalisé un chouette boitier, visuellement parlant. Seul bémol pour la version argentée qui ferait presque cheap avec sa finition plastique, bien que d’excellente qualité, mais on s’attends quand même à un touché métallique, ce qui peut décevoir, contrairement à la version noire.
A l’exception de la façade arrière, on retrouve l’ergonomie de la série des Nikon F, tout à la molette, à voir si cela n’est pas handicapant à l’usage… Rendez-vous à la fin du test pour la réponse !

Autre point surprenant, son poids ! Passant du D700 et son petit kilo (1.4 kg avec le grip), la différence avec les 710 grammes du Df se font sentir, à tel point qu’on a l’impression d’avoir un faux reflex en vulgaire plastique alors qu’au contraire, on a un condensé de haute technologie dans un emballage de qualité un peu vintage.
Car oui, c’est bel et bien le capteur du D4 qui équipe le Df. L’idée même d’avoir un D4 avec quelques concessions tout de même et un format plus agréable semble bien alléchant.
La prise en main se fait assez rapidement, un bref coup d’oeil à la notice, le Df reste avant tout un Nikon et même si son ergonomie est différente, il n’est pas très compliqué de s’y habituer. Un premier bon point avant de passer à la suite.

Résumé et analyse de sa fiche technique
  • Résolution photo : 4928 x 3280
  • Capteur : 24 x 36 mm CMOS à 16,2 millions de pixels
  • Viseur : Optique (100%, grossissement 0,7x, quadrillage par surimpression), Live View
  • Résolution de l’écran : 921 000
  • Sensibilité ISO : 100 à 12800 ISO extensible à 50 à 204800 ISO
  • Vitesse d’obturation : 1/4000 à 30 secondes synchro-X 1/200s
  • Cadence de prise de vue : 1 à 5 vps (continu basse vitesse) ou 5,5 vps (continu haute vitesse)
  • Mise au point : détection de phase TTL, Multi-CAM 4’800FX, 39 points AF (avec 9 capteurs en croix)
  • Mesures d’exposition : mesure de l’exposition TTL à l’aide du capteur RVB 2’016 photosites. Matricielle 3D II, pondérée centrale et spot.
  • Flash : Aucun flash intégré, griffe porte-flash
  • Mémoire : cartes SD, SDHC, SDXC
  • Batterie : Li-ion EN-EL14a (autonomie ~1400 clichés)
  • Étanchéité : Résistance à l’humidité et à la poussière
  • Dimensions : 143,5 × 110 × 66.5 mm
  • Poids : 710 grammes (760 grammes avec batterie et carte mémoire)

Voir la fiche technique complète

Alors oui, on a le capteur d’un D4 mais ce n’est pas non plus un D4, il faudra faire l’impasse sur certaines fonctionnalités. Nikon a fait le choix de donner un grand coup de serpe dans toutes les fonctionnalités que je qualifierais de gadget (Vidéo, Wifi, GPS…) afin de recentrer le photographe sur l’essentiel : Le plaisir de la prise de vue, car c’est bel et bien l’idée de ce Nikon Df, faire de LA photo !
Certains trouveront ça mesquin, moi je trouve que ça colle clairement à ma façon de photographier, shooter moins mais shooter mieux, privilégiant ainsi la recherche de moments parfaits à immortaliser plutôt qu’une quantité d’images à sortir chaque semaine.
Mais ça, c’est sur le papier, il est temps de sortir un peu et de voir ce que ce Df a dans le ventre et si il répond à toutes ses promesses !

Sur le terrain

Je ne vais pas trop parler de qualité d’images, je sais avant même de l’avoir utilisé que le Df sait produire d’excellentes images, toute la force du D4 est en lui. Je vais plutôt me pencher sur l’utilisation sur le terrain et l’ergonomie.

La carte mémoire et la batterie logent au même endroit, un peu déroutant au début, mais pas forcément moins pratique, il suffit juste de s’y habituer et à aucun moment, l’emplacement ne m’aura fait défaut (même sur trépied).
En parlant de batterie, je tiens à saluer le travail de développement réalisé par Nikon autour de cette batterie, car la nouvelle EN-EL 14a est annoncée pour plus de 1400 déclenchements et mon utilisation sur le terrain confirme cette très bonne autonomie.

Côté prise en main, la poignée est moins creuse que sur le D700/D800, mais ne le mets pas pour autant le boitier en péril quand on le tient à la main. Pour info, durant tout mon test, je n’ai pas utilisé la sangle fournie, juste une black rapid dans quelques cas.
Je trouve très rapidement mes marques, je monte à 3200iso en toute confiance, ce Df me met rapidement à l’aise et je commence à lui chercher des défauts..
L’autofocus est parfaitement réactif et les 39 collimateurs (51 sur mon D700) se comportent impeccablement bien.

Passons aux molettes. Tous les réglages se font à l’aide de ces molettes vintage. Celles de l’exposition et des ISO sont verouillées afin d’éviter qu’une molette tourne de façon intempestive. De l’autre côté du boitier, on retrouve celle des modes PASM qui demandent quand même deux doigts, donc deux mains pour changer de mode. Mais comme je ne change pas de mode toutes les cinq minutes, je ne considère pas ça comme un défaut. La molette des vitesse tombe juste sous le pouce quand on a l’oeil dans le viseur, ainsi que l’index sur celle de l’ouverture en face avant.

Si l’écran sur le haut du boitier n’affiche que le strict minimum, on retrouve pas mal d’infos sur l’écran arrière, qui est d’ailleurs de belle qualité. On retrouve également pas mal d’informations dans le viseur que j’ai trouvé très agréable, meilleur que sur mon D700.

Je me suis même surpris à utiliser le mode liveview que je n’utilise jamais sur mon D700, je ne pourrais donc pas trop comparer mais j’ai été agréablement surpris par le LV du Nikon Df.

Les jours passent et les sorties photo également. C’est comme si le Df répondait à toutes mes attentes. Alors oui, il n’a pas de flash intégré, mais je n’utilise jamais celui du D700, préférant l’utilisation de flashs cobra en strobism par exemple.
Il n’a pas de vidéo, de GPS, ni de wifi, mais ce n’est pas ce que j’attends d’un appareil photo. Mais il a un truc que les autres n’ont pas… Un pas de vis sur le déclencheur, j’ai même pu utiliser un déclencheur souple, fiable, robuste et qui fonctionne sans pile 🙂

Bref, pas de surprise, c’est un D4 avec l’ergonomie d’un Nikon F si je devais résumer ce Df. Alors oui, on a une ergonomie qui sort des standards actuel, mais qui reste tout aussi facile à utiliser si on prend la peine de prendre en main l’appareil plus d’une journée.

Ma conclusion

Est-ce que le Nikon Df est un bon appareil ? Oui, sans aucun doute. C’est un appareil photo pour faire de LA photo et rien d’autre. Et dans ce domaine, il excelle. Je considère un appareil photo comme un outil, le Df est un excellent outil, il faut juste apprendre à l’utiliser et vous ferez du bon boulot ensemble.
Est-ce que le Nikon Df est fait pour tout le monde ? Clairement non. Il a pour cible les photographes experts et professionnels, les débutants à la recherche d’un boitier au look vintage passeront leur tour.
Ceux qui recherchent la meilleure fiche technique pour le meilleur prix se retourneront plutôt vers un D750 car oui, à prix égal, le Df propose moins de gadgets que la concurence. Mais ce n’est pas ce que l’on attend du Nikon Df… Si vous avez compris tout ça, alors le Df est fait pour vous !
Est-ce que je vais craquer pour le Nikon Df ? C’est fort probable ! Il n’est pas impossible que je mette en vente le D700 dans les prochains jours… À suivre !

Merci à Nikon France pour le prêt.

Crédits photo : © Grégory Mignard